Bardèche : [s|i|s|i] - Esthétique d'abord - nihilist psychedelic trash in black shirt

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17.03.2008

Bardèche

A la vérité, le socialisme fasciste, on ne le trouve pas dans les programmes parce qu’il est ailleurs que dans ce qu’on appelle de ce mot abstrait et vague qui ne contient que l’illusion. L’Etat nouveau dont on peut rêver ne peut être que le gérant de la civilisation industrielle, mais il peut essayer de la maîtriser. Pas plus que le communisme, il ne peut faire de miracles; pas plus que le communisme, il ne peut abolir les fatalités de la civilisation industrielle. Mais il peut la rendre différente et réinjecter la vie dans ce corps sclérosé. Plus qu’un catalogue de revendications, le véritable socialisme des temps modernes est celui qui s’attaquera à la vie contre-nature à laquelle le vertige de la production et la libre concurrence ont fini par nous condamner. La vie contre-nature qui est la vie de chaque jour de la plupart des hommes, il ne tient qu’à nous de la transformer en nous refusant à la frénésie du gain et à la primauté absolue de la bataille économique. Il y aura toujours des usines, mais on peut amender les horaires pour rendre la vie en usine moins sinistre et moins monotone : on petit diviser les éléments de la production en les dispersant en petites unités, en multipliant les sous-traitances presque artisanales, en émiettant les mastodontes de l’industrie, en recherchant même si, dans certains cas, le travail familial à domicile ne peut pas remplacer la vie collective en atelier; on peut multiplier les moyens de transport, les rendre plus légers, plus rapides, plus pratiques, échapper à l’anonymat et à la torpeur du métro et des trains de banlieue : on peut humaniser l’habitat et renoncer aux casernes sinistres qui entourent nos villes, construire des demeures qui aient la taille humaine. C’est cela le socialisme de l’avenir, car ce sont les problèmes de l’avenir. Nous devons retrouver une vie à l’échelle humaine. Et là, encore, c’est un socialiste professionnel que je retrouve, puisque c’est Léon Blum qui se servit le premier de cette expression.

Tout est là en effet, La civilisation industrielle fait de nous une colonie d’insectes. La drogue, le désespoir, la violence n’ont pas d’autre origine que cette vie de fourmis qui est imposée à la plupart des hommes. Notre avenir et notre salut, c’est de retrouver une vie conforme à la nature, une vie qui permet aux hommes d’être des hommes, de respirer, de courir, de vivre, comme doivent le faire les mammifères que nous sommes, de ne plus être ankylosés par des idéologies, mais de pouvoir nous développer librement selon les instincts paysans selon la liberté animale que la nature a mise en nous.

Et si je dis que ce socialisme de l’avenir ne peut-être réalisé que par des types de régimes entièrement nouveaux, c’est qu’il exige des régimes qui mettent une certaine conception de la vie au-dessus de toutes les contingences économiques. Pour nous en Europe, cette condition ne peut être réalisée que par un système économique autarcique qui nous permette d’échapper aux lois d’airain du libéralisme économique, aux obligations esclavagistes de la concurrence et de l’exportation à tout prix. L’Europe peut réaliser ce système autarcique, elle a les moyens, mais cette autarcie garantie de la véritable liberté et du véritable socialisme, seuls peuvent la mettre en pratique des régimes désintéressés qui soient en même temps les régimes politiquement et militairement forts. Le dehors de cela, le socialisme ne sera jamais que le rêve irréalisable de nations de robots.

Maurice Bardèche, conclusion à Socialisme fasciste, texte disponible dans son intégralité sur club-acacia.

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