Area 19 : [s|i|s|i] - Esthétique d'abord - nihilist psychedelic trash in black shirt

« Vous jouez aux courses ? | Page d'accueil | Cette année, la Russie est à l'honneur »

06.05.2008

Area 19

En plein Rome, à quelques pas du stade Olympique qui l'embrasse presque de sa majestueuse splendeur, se situe « Area 19 », nouvelle et déjà mythique occupation réalisée par les militants activistes de Casapound et Fiamma tricolore.

Ce qui frappe le plus immédiatement lorsqu'on découvre les lieux c'est évidemment le gigantisme. Véritablement immense est cette ancienne station de métro construite à l'occasion des championnats du monde de football, jamais totalement terminée et partiellement utilisée durant à peine une quinzaine de jours.

Jusque là triste et écoeurant symbole de la gabegie étatique et de l'incompétence irresponsable d'une ploutocratie qui gaspille allègrement l'argent des citoyens sans jamais leur rendre de comptes, « Area 19 » incarne dorénavant la revanche de ce petit peuple trahi et floué qui ose maintenant se réapproprier le bien dont on l'avait spolié et qui est bien décidé à ne plus se laisser passivement plumer par les spéculateurs en tous genres.

Par ailleurs, au-delà de cette très forte symbolique politique, « Area 19 » offre également aux militants romains une structure culturelle de premier ordre où a déjà été organisé un concert réunissant plus de 600 personnes et où commencent à fleurir les peintures murales qui transformeront peu à peu ce décor kafkaïen fait de galeries interminables et de tunnels entrecroisés baignés de lumière électrique vacillante en un haut lieu de la créativité et de l'agit-prop identitaire et sociale européenne.

La visite de cette nouvelle place forte de la rébellion et aussi l'occasion de saluer, une fois encore, le dynamisme et l'abnégation des militants romains qui, visiblement animés par une flamme sacrée que rien ne vient tamiser, assurent la garde permanente et la rénovation des locaux.

Et quand, au cœur de la nuit, jaillissent des gorges des camarades réunis autour de leur chef le traditionnel cri de ralliement « Eja, Eja, Alala » qui résonne presque sans fin dans le dédale de béton, on ne peut s'empêcher de sentir un frisson dans le creux de la nuque. Un frisson rapide et violent qui ressemble un peu à de l'espoir.

Ecrire un commentaire